Référentiel métier CPE : un combat de longue haleine

Le 23 janvier 2026, s'est tenu le groupe de travail ministériel sur le référentiel métier 2D auquel est rattaché celui des CPE. La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques était présente, et seule à défendre la dimension managériale du métier.

Le « référentiel métier CPE » était à l’ordre du jour du groupe de travail du 23 janvier.

Quand la CFDT défend seule la fonction d’encadrement du CPE !

Alors que le métier a évolué en intégrant de facto des missions relevant des ressources humaines, la plupart des organisations syndicales présentes persistent à refuser ces évolutions au nom du cœur de métier : « le suivi de l’élève ».

La CFDT estime pour sa part que ce cœur de métier inclut aussi l’encadrement de l’équipe d’assistants d’éducation tel qu’il apparaît dans le projet de service de vie scolaire. À ce stade, le référentiel métier ne prend pas suffisamment en compte la dimension managériale des CPE.

Dans les faits, les CPE encadrent une équipe d’adultes, raison pour laquelle ils et elles sont considéré·es comme cadre de catégorie A. La fonction d’encadrement exercée au quotidien est fondée juridiquement.

Du point de vue statutaire, l’encadrement d’équipe fait partie du cœur du métier (organisation de la vie scolaire, axe 3 de la circulaire de mission).

On ne peut nier la réalité

Pour les autres organisations syndicales, le cœur de métier, c’est le suivi des élèves, mais certainement pas l’encadrement (alors que la circulaire de missions le mentionne explicitement). En conséquence de quoi, c’est tout un aspect du métier (recrutement, formation, encadrement, évaluation) qui demeure invisibilisé et renvoyé par ces organisations à la responsabilité du chef d’établissement.

Cette posture de principe nie la réalité que vivent au quotidien l’ensemble des collègues CPE. C’est très réducteur de l’aspect pluriel du métier tel qu’il est exercé par la profession.

Or les CPE sont des personnels qui encadrent l’équipe des assistants d’éducation, mais sans avoir bénéficié, pour la plupart d’entre eux, d’une formation à l’encadrement d’équipe.

Selon le syndicat majoritaire, les CPE ne sont pas chefs de service (appellation réservée aux chefs d’établissement et aux secrétaires généraux d’établissement). En conséquence, les CPE ne doivent pas recruter, ni former, ni évaluer les AED : ils et elles doivent être centrés sur le cœur de métier, le suivi des élèves. La dimension managériale est totalement évacuée, elle est même refusée alors que l’organisation de la vie scolaire nécessite la mise en œuvre de compétences dans le domaine de l’encadrement.

Ce que la CFDT revendique pour le référentiel métier CPE

La CFDT réitère sa proposition d’ouverture d’un groupe de travail relatif à l’évolution du métier. En attendant, pour le référentiel, elle demande une reconnaissance de la dimension managériale du métier de CPE aux côtés de celles définies par la circulaire de missions de 2015. Pour la CFDT, les CPE doivent être reconnus « chefs de service » au-delà de leur rôle de chef de l’équipe de vie scolaire.

Ce qui impliquerait, pour la profession :

  • une formation à l’encadrement d’équipe pour tous les collègues (aujourd’hui seuls les CPE formés depuis environ 2020 ont bénéficié de cette formation dans le cadre de leur Master) ;
  • une reconnaissance de cette dimension du métier en vue d’une revalorisation salariale.

Un long combat en perspective

Fidèle à ses engagements, la CFDT continuera à défendre une vision évolutive du métier incluant la diversité de ses missions. Cette vision inclut la fonction d’encadrement devenue, avec le temps, incontournable, chronophage et constitutive de l’activité des collègues.